Voici notre TPE que nous avons réalisé depuis Septembre. Nous espérons que vous l'apprécierez

Peur = Phobie?




La peur joue un rôle dans la vie politique d’un pays. Et pas seulement lors d’événements exceptionnels comme les attentats du 11 septembre à New York. Mais, parce qu’il est humiliant d’avoir peur et de se l’avouer, nous en minimisons irrésistiblement l’influence, préférant nous réfugier derrière des explications plus « rationnelles » du comportement des gouvernants comme des citoyens.
Pour faire admettre sa politique antisociale, le gouvernement actuel tente de casser les solidarités et de déconstruire les rapports sociaux. Il s’agit d’exploiter la peur, d’opposer les individus les uns aux autres, en développant la surveillance, la délation, l’intimidation. L’un des meilleurs exemples est l’instrumentalisation de la psychiatrie dans une visée sécuritaire.
Cette peur que certains gens ressentent est due à des pulsions non raisonnées telles que les phobes.
Le suffixe « phobe » évoque évidemment en psychologie les peurs, les angoisses, les anxiétés, c’est à dire des pulsions irrationnelles .Lorsqu’il y a des « phobes » quelque part, il semble présupposé que les gens désignés par le radical sont les victimes d’un coupable préjugé. Exactement comme le mot « islamophobie » – qui sert à faire passer tout esprit critique envers l’intégrisme musulman pour du racisme. Le suffixe « exprime l’aversion instinctive, l’hostilité irraisonnée ou parfois l’absence d’affinité vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose ». On est dans le registre pathologique, comme le suggère l’étymologie (phóbos, en grec, exprime une peur morbide). Ces mots sont calqués sur le nom d’angoisses traitables et soignables : on connaît l’agoraphobie et la claustrophobie. Ces mots nous renvoient non seulement à des peurs viscérales, ataviques, ancestrales ou instinctives – mais également à cette idée que nous ne sommes pas maître de nous-mêmes: la phobie est la manifestation d’une prise de pouvoir de notre raison par notre inconscient d’un point de vue très concret.

Selon Bruckner, intellectuel français, le mot d’« islamophobie » fut forgé dans les années 1970 par les intégristes iraniens « pour contrer les féministes américaines »

Pour essayer d’appréhender le phénomène dans sa généralité, on pourrait remarquer qu’on recourait alors aux formations en « anti- » : on était anticlérical, anticommuniste, anti-américain, etc. Le suffixe avait le mérite d’afficher franchement l’opposition et le refus. Généralement, se dire « anti » quelque chose revient à déclarer sa position dans un combat idéologique. Le suffixe « anti » implique l’antagonisme, voire la lutte. Les mots en anti- servent à décrire une situation polémique, mais ne sont pas forcément polémiques par eux-mêmes. Ils peuvent être revendiqués, pour décrire leur position, par ceux qui s’opposent au cléricalisme, au fascisme, au capitalisme ou au communisme par exemple.


En conclusion, les mots en ­-phobe empruntent le modèle de la psychopathologie. Un -phobe doit être soigné à cause de son incapacité d'adhérer à un débat. Il ne défend pas des idées, est incapable d'échanger des arguments et il est victime d’une infection. À la différence des mots en anti-, les mots en -phobe sont foncièrement stigmatisants. Comme le dit Freud, si des convictions persistent contre tout argument rationnel, c’est qu’elles ont leur origine dans des causes irrationnelles.
Ainsi, une chose est d’être en désaccord intellectuel profond avec l’islam , autre chose est d’éprouver un sentiment d’hostilité irrationnel envers des persones que, en raison de leur culture d’origine,sont traitées avec mépris ou agressivité… Le qualificatif « islamophobe » convient bien à ce genre d'attitude.
Il faudrait alors distinguer les mots « islamophobe » et « antiislamique »